To Delmore Schwartz

delmoreQuand on lisait les titres sur la pochette du disque à la banane, on découvrait que European Son, le morceau crispant qu’on écoutait quand même bravement, lui était dédié. On ne savait pas à cette époque pré-googlienne qui était Delmore Schwartz, mais on aimait bien ce nom évocateur. On imaginait des choses romantiques et vénéneuses finalement pas si éloignées de la réalité. L’écrivain alcoolique est réapparu dans les nécrologies qui ont fleuri un peu partout. Il y apparait dans le rôle du professeur de creative writing à l’université de Syracuse, exerçant une grande influence sur un jeune étudiant qui lui voua un culte indéfectible. Mais la vie et l’œuvre de Delmore Schwartz ne se résume pas au fait d’avoir été le mentor de Lou Reed. Contrairement à ce que pourrait laisser penser l’image de l’écrivain dépressif et alcoolique mort à 53 ans ignoré de tous (trois jours se sont écoulés avant que son corps soit identifié à la morgue), Demore Schwarts n’avait rien d’un écrivain méconnu. Ses poèmes et ses récits, régulièrement publiés dans des revues prestigieuses, furent acclamés par les plus grands (T. S. Eliot, William Carlos Williams, Ezra Pound, Vladimir Nabokov). Seulement voilà, il y avait quelque chose de fêlé chez lui et les marques de reconnaissances, les récompenses honorifiques, le plongeaient dans un abîme de tristesse qu’il tentait de noyer dans le whisky. Le succès de In Dreams Begin Responsibilities arrivait selon lui trop tôt ; à 25 ans, il craignait de ne pas tenir les promesses qu’on avait mises en lui. Les choses ne se sont pas arrangées par la suite « Despite the very high regard in which others held his writing, despite being one of the most anthologized poets of the era, he was terrified that he had in fact peaked at twenty-five and was going downhill. »*

* Tiré d’une bonne bio qu’on peut lire ici

On peut lire In Dreams Begin Responsibilities ici. On peut même écouter « la plus belle nouvelle du monde » lue par son fidèle élève.

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Un commentaire pour To Delmore Schwartz

  1. claude dit :

    Dans la très impertinente collection « Les Infréquentables » aux éd. du Rocher, Daniel Bismuth a consacré un essai biographique et littéraire à Delmore Schwartz. Sorti en 1991, « Delmore Schwartz ou Le démon de l’origine » n’a pas été réédité. Je l’ai lu à sa sortie mais impossible de remettre la main dessus. (prêté sans retour…) Cette bonne petite collection était dirigée par Michel Bulteau, éditeur poète et voyou. Elle offrait des essais sur Burroughs, Nimier, Roger Vailland, Lovecraft, etc. dans un éventail exemplaire de sensibilités. Si vous tombez sur un volume chez un bouquiniste, allez-y, ça reste encore très au-dessus de ce qui est publié ces temps dans le domaine des essais subjectifs sur des auteurs contemporains singuliers.

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