Le style de Dick

P1010968bLa prose de Philip K. Dick ne présente en apparence aucun intérêt stylistique. Seule compte la machine narrative qui fait tourner les pages et, in fine, le trouble suscité chez le lecteur. Conçu pour surprendre les défenses mentales ordinaires, le dispositif littéraire dickien se doit d’être imperceptible. Aucun effet n’attire l’attention sur l’écriture elle-même. J’ai remarqué que le style de ses nouvelles est exactement le même que celui adopté pour décrire la vie fade des middle class déprimés de son premier roman. Dans Un jeu guerrier, le travail du contrôleur de jouets est décrit comme routinier et répétitif, comme l’était le job du représentant de commerce dans Sur le territoire de Milton Lumky. Ce qui change, ce sont les bouffées d’imaginaire visionnaire de l’auteur qui viennent secouer la banalité du quotidien des personnages : les jouets proviennent d’une autre planète perçue comme menaçante ; une panoplie de cowboy transporte celui qui la teste dans un monde virtuel ; un fort pris d’assaut par des soldats miniatures nécessite l’intervention d’un démineur. L’écriture neutre et resserrée mise au service de faits ébouriffants produit un cocktail particulièrement prenant.

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