Les vieilles images

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The Cramps

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16 commentaires pour Les vieilles images

  1. Claude dit :

    Les Cramps ! A la fin des 70’s, l’ami qui m’a fait découvrir leur fabuleux « Gravest Hits » disait qu’ils les appréciait aussi parce que leur attitude et leur look faisaient un peu peur aux parents. 😉 Juste avant, il y avait eu le punk, mais ce fut trop éphémère. A Calvingrad, les quelques oiseaux de nuit punk étaient 10 et demi en ’77-’78, et encore. Ils passèrent à autre chose fin 1978. En revanche, les Cramps débutaient une vraie carrière qui nous permit de vouloir/pouvoir leur ressembler. Ils affichaient sur eux sans complexe une passion pour les films de série Z, le tiki exotica, le voodoo pour rire, le rockab’ – le batteur all dressed in black incarnait la tradition des frappeurs impassibles: à Paris quand la Mutualité s’enflamma, il prit des polaroïds -, le fétichisme par Lux et Bryan Gregory juchés sur leurs escarpins et bien sûr les tenues de strip-teaseuse glam’ portées par Ivy dont nos copines s’inspiraient librement. On scrutait les photos et les pochettes pour ensuite essayer de dénicher à Londres, à Zurich et dans les boutiques de fripes locales quelques éléments pour accessoiriser l’affaire: pantalons de cuir ou denim noir, boots, creepers ou escarpins pour les plus audacieux, chemises noires, chemises country, cravates lacets avec têtes de mort en broches, vestes léopard, lunettes noires la nuit, vernis à ongles rouge et noir, etc. On fignolait le tout en passant sur le fauteuil d’une copine coiffeuse qui liquidait son stock de gel et de laque. Quand on sortait groupés pour aller se rincer la dalle ou assister à un concert, on produisait un petit effet pas désagréable en ville. L’autre jour, je discutais avec le fils de 18 ans d’une vieille amie. Fan de bonnes musiques, il se plaignait de la disparition des « tribus » et de la généralisation du look faux pauvre avachi en shorts et tongs qui peuple aujourd’hui nos villes. Je lui ai répondu que devant ce misérabilisme vestimentaire – c’est pas une question de blé; à l’époque, on était jeunes et fauchés mais bien sapés – il pouvait entrer en dissidence avec des potes et retrouver l’esprit de singularité qui nous animait quand on jouait en boucle « The way I walk is just the way I walk… »

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    • journaldejane dit :

      Un témoignage qui sent le vécu 😉 … et qui rappellera des souvenirs chez les plus anciens. Je me suis également fait la remarque à propos du manque de tenue (dans le maintien comme dans la manière de s’habiller) observable aujourd’hui en ville, chez les jeunes comme chez les vieux. Tout le monde s’habille dans ce style négligé/avachi qui était, auparavant, le signe distinctif des touristes américains.

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  2. Claude dit :

    Peut-être parce qu’on est tous devenus des touristes du réel…

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  3. journaldejane dit :

    Et tous ces appareils photo omniprésents. Cauchemar à la Philip K. Dick…

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  4. Claude dit :

    Puisque nous évoquons des souvenirs, j’apprends dans Rock&Folk de septembre la disparition d’une personnalité singulière de ce qu’on appelait l’underground aux temps analogiques: Dashiell Hedayat/Jack-Alain Léger/ Daniel Théron s’est donné la mort le 17 juillet dernier. Ecrivain, romancier, traducteur (de Dylan), agitateur rock, chroniqueur, son pseudo (Dashiell Hedayat) servait de mot de passe. L’excellente biographe Marie-Dominique Lelièvre lui avait consacré un Portrait (Libération). Extrait:
    « (…) Jeune boxeur surdoué qui défiait les belles lettres dans ces baroques années 70 d’avant Alain Minc, Léger avait fabriqué Monsignore par jeu. A vingt ans, sous le pseudonyme de Dashiell Hedayat il avait été pop-star et auteur underground. Cheveux longs, lunettes noires, pelisse afghane. Son premier disque reçut le Grand Prix de l’académie Charles-Cros. Le second album fut enregistré au mythique château d’Hérouville, avec Daevid Allen du Gong. Cuir noir, satin, sexe, LSD. «Tout le monde a trouvé ça génial, avant-gardiste», se souvient Bernard Lenoir, producteur exécutif du disque, aujourd’hui à France-Inter. Chrysler rose, titre culte, ouvrait la porte à des chanteurs comme Bashung. «Mais je sentais qu’il avait quelque chose de maudit», ajoute Lenoir.
    Lorsque Jacques-Alain Léger refait parler de lui, c’est par un scandale. Son livre Autoportrait au loup, en 1982, provoque la consternation. «Ce texte possédait une force incroyable, dit son amie et fan, la libraire Colette Kerber. Il s’est fait descendre : c’était homosexuellement incorrect.» Léger écrit des choses qu’on ne lit nulle part ailleurs. «Il n’est pas pédé, comme on aime qu’il le soit», note Philippe Sollers, échantillonnant à voix jubilante Maestranza le dernier livre de Léger : «La Gay Pride ! Le seul jour de l’année où j’ai honte. La manifestation monstre d’une identité réduite à sa seule composante sexuelle.» Avec ça, on ne se fait pas des amis. «Le malheur, c’est qu’il n’est même pas réactionnaire : il aurait alors des soutiens», note Sollers, voix autorisée. Léger n’est d’aucune obédience, c’est la force de ses livres. Et sa faiblesse dans la vie courante.(…) »

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    • journaldejane dit :

      Certainement une personnalité originale et un écrivain intéressant. Mais je n’ai lu de lui que sa préface pour Tarantula de Dylan, dont il avait assuré la traduction. Sa préface, assez gonflée, était d’ailleurs la seule chose qui sauvait ce livre illisible.

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  5. jean songe dit :

    Lux & Ivy ont montré & prouvé que dans un monde hostile on pouvait créer son royaume intérieur & extérieur… Un Roi & une Reine.

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  6. Claude dit :

    C’est pour ça qu’ils me manquent. L’amour et leurs passions communes les soudaient. J’ai appris que c’est Ivy qui gérait financièrement le groupe comme une petite entreprise sûre de ses choix et libre de ses décisions. (Personne ne sait ce qu’elle devient depuis la mort de Lux. Mais est-ce vraiment important ?)

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  7. voxmortem dit :

    ..

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  8. voxmortem dit :

    C’est le son qui touche au coeur. Les images n’apportent pas grand chose sinon le sentiment d’une fin. La Gretsch, peut-être ?

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  9. Claude dit :

    En regardant cette vidéo, j’ai aussi le sentiment d’un manque et de la fin. Le groupe assure mais sa folie contrôlée – ils ont toujours assumé l’aspect show business de l’aventure – qui fut la marque du band auprès des vieux combattants soniques s’est évaporée. On peut dire sans faire injure à la mémoire de Lux que la décennie du groupe fut 1979-1989. Lux encore vivant, l’annonce de leur retraite au début de ce siècle ne m’aurait pas dérangé. Savoir le couple vivant chinant des raretés quelque part en Californie m’aurait rassuré, voilà pourquoi la disparition physique du Lux m’a frappé si brutalement.

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