Philip K. Dick et Spinoza

dick3Vers la fin du roman, il y a une scène où le personnage, qui envisage de se flinguer dans une ruelle de Tijuana, regarde une sorte de petit robot caché au fond d’une poubelle pour se protéger d’une agression. Il se dit que « ces choses elles-mêmes sont animées par la volonté de vivre », alors que lui n’est pas capable de se servir de son intelligence pour survivre. En regardant cette petite machine qui « s’accroche avec ténacité à l’existence », il renonce à son projet de suicide. Un peu plus tard, dans un taxi mécanique, il demande à la machine si elle resterait avec une femme dont le cerveau a subi des dommages irréversibles à cause des drogues (il a appris que c’est ce qu’il adviendra à la sienne lors d’un voyage temporel dans le futur). Le taxi répond que dans un tel cas, il choisirait de rester.

« – Pourquoi ?

– Parce que la vie se compose de configurations de réalité ainsi constituées. L’abandonner voudrait dire : je ne peux pas supporter la réalité telle qu’elle est. Il me faut des conditions plus tolérables qui me soient particulières. »

Je trouvais que cette fin avait quelque chose de spinoziste, mais je me demandais si le rapprochement était justifié. Dick a-t-il lu Spinoza et a-t-il été influencé par sa philosophie ? Il semblerait que oui.

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7 commentaires pour Philip K. Dick et Spinoza

  1. Daniel Duret dit :

    J’aime déjà beaucoup moins Kdick à la lecture de ce lien…

  2. Sophie K. dit :

    Vachement intéressant, n’empêche…

  3. Vinosse dit :

    Bien sûr… pourquoi pas… Trop con le mec…

  4.  » Parmi tous les systèmes métaphysiques que j’ai rencontrés dans la philosophie, j’ai trouvé mes plus grandes affinités avec celui de Spinoza, avec sa maxime : « Deus sive substantia sive natura » (Dieu qui est réalité qui est nature), qui pour moi résume tout. » (P.K.Dick)
    Exit le dieu personnel biblique, jaloux de ses enfants, forme de projection outre-mondaine de la figure du paternel idéalisé…
    J’en arrive à penser que l’assassin véridique de « dieu », c’est Spinoza; Nietzsche n’aura fait en somme que sonner l’hallali une fois la bête abattue…

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