Comme dans les visions de William Burroughs

« Si nous pouvions scanner la matrice synaptique d’un cerveau humain et la simuler sur un ordinateur, il serait possible pour nous de migrer de notre enveloppe biologique vers un monde totalement digital. En s’assurant que nous ayons toujours des copies de remplacement, nous pourrions effectivement jouir d’une durée de vie illimitée. En contrôlant le flot du courant dans une simulation de réseaux neuraux, nous pourrions créer de nouveaux types d’expériences. Le téléversement dans ce sens nécessitera probablement une nanotechnologie à sa pleine maturité. Cependant, il existe des façons moins extrêmes de fusionner conscience et ordinateur. Un travail de développement d’une interface neurale avec un processeur a déjà été entrepris. Cette technologie en est encore à ses débuts, mais elle nous permettra un jour de construire des neuroprothèses qui nous permettront de nous brancher littéralement au cyberespace. » (Extrait d’un article sur le transhumanisme.)

Après avoir vu « Un monde sans humains » (il vous reste encore quelques jours), on considère différemment les visions de Burroughs.  Ce qu’il décrivait dans ses livres pourrait devenir notre futur proche. La croyance en un avenir transhumaniste est basé sur le calcul de l’accélération exponentielle des progrès à venir (intelligence artificielle, biotechnologies, nanotechnologies, etc.). D’ici trente ans, prévoient-ils, un superordinateur atteindra puis dépassera les possibilités de l’intelligence humaine, ce qui provoquerait un progrès technologique gigantesque sur une durée de quelques années, entrainant des changements inconcevables pour nous. Tous les délires scientistes semblent autorisés : croisements à tous les étages et dans les deux sens entre l’humain et la machine, circulation entre réalité et mondes virtuels. Les transhumanistes ont appelé ce saut dans l’inconnu la « singularité », une vision assez SF et qui vient de là (le type qui a popularisé le concept est aussi auteur de romans d’anticipation). Il y en a, principalement des philosophes, qui rigolent d’avance en entrevoyant les obstacles qui se présenterons au moment d’uploader ce qui fait la « crème de l’esprit » : l’imagination, l’ironie, l’érotisme, la révolte, le rêve, et j’en passe. Le jour où un ordinateur traitera l’information de manière dadaïste et ressentira des moments de spleen à la Pessoa n’est pas pour demain – surtout quand on voit, dans l’excellent documentaire conseillé plus haut, ceux qui s’occupent de la programmation des robots.

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Un commentaire pour Comme dans les visions de William Burroughs

  1. Daniel Duret dit :

    Une partie de l’humanité vit en permanence dans l’angoisse d’elle-même…

    Prédicateurs, religieux, philosophes,etc… prophètes en tous genres…

    J’aime

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