Un été stonien (4)

Revenons aux choses importantes (et à ma feuille de route) : parlons un peu du style de Stanley Booth en regard des références annoncées. Il vaut mieux oublier gentiment Nabokov, qui ne court pas dans la même catégorie. L’influence de Kerouac transparait un peu par moments, dans les descriptions des errances à la recherche d’une salle de concert ou d’un hôtel. Par contre, on peut souvent parler sans forcer d’une écriture chandlerienne dans les parties consacrées à la tournée 69 (pas dans les flashbacks, où il adopte un style neutre pour relater des faits extravagants). Un extrait, au hasard :

« Au restaurant du motel, décoré en rouge et noir, skaï et velours, on a retrouvé David Horowitz en compagnie d’un jeune type grassouillet du nom de Jon Jaymes. Il s’était trouvé au Forum la nuit précédente. Je ne savais pas pour qui il bossait, mais il avait une certaine autorité. Assis sur le tissu rouge, pendu à un téléphone blanc, il préparait l’arrivée des Rolling Stones à l’aéroport d’Oakland.  » J’ai prévenu la police, disait-il. Les gens doivent rester assis et laisser sortir les Stones – il a élévé la voix – sinon ça sera le chaos dans l’aéroport… »

Le jeune associé de Jaymes, Gary Stark (ils avaient tous deux passé la nuit précédente sur la canapé du salon à Oriole, ne me demandez pas pourquoi), nous a rejoints et Jon a raccroché. Alors qu’on se mettait en route pour l’aéroport, j’ai dit à Jaymes : « Waouh, t’es un vrai gangster, c’est génial. »

Stanley Booth, Dance with the devil, Flammarion, p. 181

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9 commentaires pour Un été stonien (4)

  1. journaldejane dit :

    « – Encore un mot comme ça et j’annule tout, a-t-il répondu, les voitures, le transport… »
    Le type en colère travaille pour Chryler (il propose d’assurer les transports de la caravane en échange d’une déclaration publicitaire de Mick en fin de tournée). Ce n’est donc pas un VRAI gangster. C’est moi qui précise. Et là, Booth écrit :
    « … je lui ai expliqué que j’avais essayé de faire un compliment. Il ne savait pas très bien comment le prendre, mais il était ravi d’apprendre que je n’étais pas son ennemi. »
    Comme un écho de la voix de Marlowe (en plus rock).

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  2. Vinosse dit :

    Putin la photo… J’en r’viens pas… J’aurais dû faire du rock …

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  3. Vinosse dit :

    Bin… tout le monde qui fait du rock, le fait pour se faire des gonzesses…

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  4. bear's choice dit :

    Bonne nuit les petits

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