Un article de Walter Benjamin

Le titre de l’article est Madame Ariane, deuxième cour à gauche. Benjamin pense aux clients de Madame Ariane. En poussant la porte de la voyante, en s’en remettant à elle, ils abandonnent sans le savoir un pouvoir qui leur est propre : « une connaissance intime de ce qui va se produire », et qui est « infiniment plus précise ». Cette connaissance que nous avons en commun repose, selon Benjamin, sur la « présence d’esprit ». « Observer exactement ce qui s’accomplit à la seconde même », telle est la méthode. Les signes, les présages, les intuitions qui nous traversent chaque jour, peuvent générer deux attitudes incompatibles : l’interprétation et l’utilisation. La première est condamnée à l’échec car le temps de déchiffrer et de  lire, il est déjà trop tard ; la seconde permet de « changer la menace de l’avenir en un présent accompli ».

Cet article, publié dans livres, Posts, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

5 commentaires pour Un article de Walter Benjamin

  1. Milena Knejevitch dit :

    L’utilisation ? c’est à dire ? …….

    J'aime

    • journaldejane dit :

      Le mot me gêne également. D’ailleurs, Benjamin ne l’emploie pas. A propos des présages et des intuitions, il écrit qu’il existe deux attitudes : « les interpréter ou les utiliser ». Il s’agit de définir la deuxième option, que Benjamin valorise et oppose à la lâcheté résignée des clients de la voyante. Utiliser les signaux « qui traversent notre corps jour et nuit » (au lieu de se laisser déposséder par une voyante) pour « changer la menace de l’avenir en un présent accompli », oeuvre de ce qu’il appelle une « présence d’esprit corporelle » Comme je le disait, avec Benjamin, rien n’est simple.

      J'aime

  2. Vinosse dit :

    Je ne vois pas en quoi la voyante serait la seule à d’interpréter des signaux de manière infondée.
    Notre propre interprétation l’est parfois tout autant.
    Par contre exercer comme une sorte d’automanipulation à son encontre peut s’avérer bénéfique avec le temps, à la seule condition d’y croire très fort et longtemps.

    Etre le voyant de soi-même… comme Rimbaud. Non pas pour éclater dans la lumière, être juste son propre diseur de « bonne « aventure ».
    Vivre est un mensonge permanent.

    J'aime

    • journaldejane dit :

      J’aime imaginer que le point de départ, le déclencheur de ces notes, est la vue d’une plaque à l’entrée d’un immeuble parisien (« à vérifier », comme on dit sur Wiki). Je l’ai choisi car c’est un bon exemple, me semble-t-il, de la manière dont la pensée de l’auteur chemine, suscitant sur son passages des questions et des réflexions qui nous écartent agréablement du bain ambiant, quelque peu éprouvant.

      J'aime

  3. jean songe dit :

    & puis il y a la voie des rêves… ce théâtre nocturne ( & diurne parfois )… la nuit dernière, j’étais avec les Beastie Boys, je les écoutais jouer live des nouveaux morceaux, dans une veine punk-rock réjouissante… & ce matin, j’apprends la mort de l’un d’eux… mais j’ai aussi rêvé que j’interviewais Ben Laden ( dont je m’étonnais qu’il ne fût pas mort ), il paraissait beaucoup plus jeune, très jovial…

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s