Le lundi : contempler des images

C’est le moment propice pour découvrir cette galerie de photographies à tomber à la renverse. J’ai choisi les jazzmen, mais David Redfern sait également saisir les rockers en pleine action (superbes clichés d’Hendrix). Et je ne parle même pas des portraits de la jeune Marianne Faithfull.

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24 commentaires pour Le lundi : contempler des images

  1. vinosse dit :

    La Marianne F en sosie de Mick J, est sensationnelle.

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  2. claude dit :

    Une belle galerie en effet qui ne va pas arranger ma contemplation morose des images d’avant… L’autre soir dans un doc’ intéressant sur l’état des îles britanniques, une historienne parlait de la tendance générale « sépia » dans la pop culture aujourd’hui. Comprendre: la quête des icônes, des objets et des ambiances d’un passé pop récent idéalisé pour tenter de combler le vide post-moderne. Elle n’a pas émis d’avis perso, mais j’ai tout de même senti son désarroi – même maîtrisé – face à ce qui semble être notre impuissance à sortir du musée et de l’ersatz. On me rétorquera que j’investit ses propos d’une préoccupation constante, mais tout de même, c’est inquiétant. Dans le même registre (la fin du rock und so weiter), Patrick Eudeline signe ce mois dans Rock&Folk un papier intitulé « Apocalypse 2012 » avec un sous-chapitre « Que nous annonce-t-on pour 2012 ? » Sa réponse: « Des vieux – géniaux ou pas, le problème n’est pas là* – qui remettent le couvert, des compilations encore et toujours, les éternelles promesses du retour du rock qui… » Au passage, il compare The Black Keys (« sympathique ») à… Foghat 1971 (!) Le chroniqueur termine sur la prédiction d’une ère nouvelle, l’Aquarius « où nous allons tous, en tongs, piller du manioc et du millet en chœur.(…) On repart à zéro. L’an 01 en somme. Bon je crois que je préfère, à tout prendre, garder mon costard et traîner avec les Mormons dans leur bunker. En attendant le jugement dernier. » S’il reste une place à côté du jukebox, je suis preneur.

    * Macca, Beach Boys, Cohen…

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    • journaldejane dit :

      Une pièce à verser au dossier : le photographe en question est toujours en activité et il a un site. Celui-ci est divisé en deux parties, images vintages et contemporaines. Ses photographies récentes n’ont aucun intérêt. Elles sont toujours de la même qualité mais les stars qu’il shoote ont un charisme proche de zéro. J’ai trouvé ça troublant.

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  3. jean songe dit :

    C’est l’instantanéité de tout qui tue le mystère & le désir… On n’est même plus dans un présent perpétuel, mais dans une projection immédiate sans fin… Ce n’est plus le  » ralentissons pour regarder l’accident  » de Stephen King, mais  » accélérons « … Pardonnez-moi pour cet excursus délirant.
    le papier d’Eudeline est un sommet d’indigence

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  4. vinosse dit :

    J’me souviens qu’on disait « instantané » avec les premiers Kodak…

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  5. Bouvachon Nicolas dit :

    Des images magnifiques, je ne me lasse pas de regarder cette somptueuse galerie avec une petite préférence pour Jimi et Charles Mingus… Merci JournaldeJane pour cette découverte. Cela dit, je n’ai pas trouvé la seconde galerie sur les artistes contemporains, j’aurais bien aimé savoir ce qui a retenu l’attention d’un si talentueux photographe…

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  6. jean songe dit :

    @Eudeline est un prototype du dandy revenu de tout, ayant tout compris ( il se cite lui-même ), & il nous le fait savoir, maniant ( dans l’article en question, « Apocalypse 2012″ ) sans humour de pseudo-grands thèmes ( la télévision, le téléchargement, l’industrie du disque, la récup’ pub du rock… ), traités à grands traits simplistes, &, pour qui connait un peu le bonhomme, prévisibles… Mais il est parfois incohérent:  » Aujourd’hui rien n’a changé. Tout est juste pire.  » Et ses prédictions « rock » me font rigoler ( Black Keys = Foghat, fallait oser ):  » Miles Kane ne transformera pas vraiment l’essai.  » Je préfère lire Chuck Klosterman & son « Fargo Rock City, confessions d’un fan de heavy metal en zone rurale » ( le titre dit l’essentiel ), car même si le heavy metal ne me fait guère vibrer d’ordinaire, ce qu’en tire Klosterman est passionnant…

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    • claude dit :

      OK. Je comprends les motifs de votre irritation et si je partage certains des griefs que vous adressez à Eudeline*, je ne peux pas m’empêcher de ressentir une connivence avec son papier. Je lis dans les fragments éparpillés de sa prose des reflets de mon propre sentiment de dispersion dans le post-moderne. Je dois avoir à quelques années près le même âge que le chroniqueur. Nous appartenons à une génération – la dernière ? – pour qui la notion d’avant-garde artistique fut essentielle. Pour aller vite, je dirai de Baudelaire et les anti-naturalistes aux punks ’77 (Le grunge ne fut déjà qu’une redite impuissante.) Le concept d’avant-garde nous offrait une alternative à la brutalité et à la bêtise du monde et une grille de lecture totalisante. Or, l’idée d’éclaireurs et de voltigeurs de pointe a été liquidée en une génération. Qu’est-il resté ? Une pénible impression d’éparpillement et la douleur du manque de grilles pour sa compréhension que reflète maladroitement l’article d’Eudeline.

      PS: J’ai lu les confessions de Klosterman en étant conscient de la dimension « exotique » de ce livre jubilatoire.

      * Parisianisme, auto-complaisance, contradictions, caricature, etc.

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  7. jean songe dit :

    @Claude ( & on peut se tutoyer ), je pense que nous sommes de la même génération ( perso, j’avais 17 ans à l’explosion du punk ), & que nous partageons les mêmes interrogations. Seulement, c’est pas dans la critique « rock », je crois, que nous trouverons des réponses ( ou alors limitées à l’univers musical, & c’est déjà pas mal )… A la décharge d’Eudeline, je l’ai connu, un peu, & j’en sais trop sur le personnage pour lire ses chroniques d’un œil bienveillant… Quelques faits: il a été directeur de collection  » rock » chez un éditeur ( Scali ) qui ne payait pas ses auteurs ou au lance-pierres ( voilà pour la gratuité du taf ); il a monté un label discographique en s’acoquinant avec une marque de fringues ( je ne sais pas où ça en est ) & il dénonce la récup’ mode du rock, faudrait un minimum de cohérence… Pour moi, il symbolise le déplorable  » c’était mieux avant « , sauf qu’il ne se bouge pas le cul pour faire changer les choses…
    Et ce qui joue vraiment contre lui, c’est ses propres œuvres « rock »… Dans sa prod’, un disque peut être en partie sauvé, & uniquement grâce à la chanteuse Myriam… Sa tentative d’allier l’héritage européen ( en gros, le cabaret & Kurt Weil ) au blues & au rock est ratée ( alors que Tom Waits & surtout Tav Falco l’ont réussi ).
    Mais je serais ravi d’échanger avec toi sur ce sujet & d’autres en off ( yannick.bourg »at »neuf.fr )…

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    • journaldejane dit :

      N’abusez pas du off. Ce débat me concerne Ô combien, et je pense que les jeunots peuvent y trouver un intérêt – plus historique, mais c’est crucial.

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    • claude dit :

      Pour essayer de faire simple, je dirais que je me retrouve un peu dans les maladresses et les ambiguïtés d’un Eudeline. Comme d’autres rescapés des années de plomb et de poudre, il essaie de survivre. Sur disque, je le trouve anecdotique, ses romans me tombent des mains mais je sauverai tout de même ses chroniques.
      A propos du rôle des musiques qu’on aime, je suis d’accord avec toi et le regretté Lux Interior (The Cramps) qui affirmait que c’était un super job mais que ça restait du show. Excitant, glamour, teigneux, incontrôlable (en apparence) et tout ce qu’on voudra, mais du show. Les 60’s avaient investi le rock de tout un tas de trucs qu’il ne pouvait pas porter. Les punks ont remis le couvert – The Clash, PIL, … – mais ça a abouti à une impasse et de lourdes gueules de bois.

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  8. vinosse dit :

    Jusqu’au bout cela se tenait, il a fallu que le texte se termine par « jubilatoire » !!!

    Du pur parisien façonné à la chaine !

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    • claude dit :

      Parce j’ai effectivement jubilé en lisant le bouquin de Klosterman… Et que je n’ai pas attendu Paris pour employer cet adjectif à la radio et ailleurs depuis le début des 80’s. 😉

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  9. jean songe dit :

    qu’on le déplore ( c’est mon cas ) ou non, l’économie reste la question centrale… La culture, comme les arts ( chacun y mettra ce qu’il veut ), n’y échappent pas & personne ne niera, je crois, que des mutations sont en cours. On cherche de nouveaux modèles. On peut aller chercher du côté de Jean Zin, Paul Jorion ou pourquoi pas Hal Hartley… ou par là:
    http://www.microcultures.fr/

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    • claude dit :

      L’art content pour rien rassemble les pires collabos de l’économie. Il faut les voir se gondoler devant les gros chéquiers. Ecœurant. Récemment une de « nos » emballeuses de vide post-modernes à réussi à vendre à la ville de Genève un panneau de néons qui clame au-dessus de la cité « Yes To All ». Pour moi, la messe est dite. Je n’ai pas d’alternative.

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      • claude dit :

        Pour info: le prix du panneau est de 250’000 francs suisses payés par les impôts.
        (Le Dpt. des Beaux-Arts & de la Culture a dépensé 1 million de francs pour 4 installations du même tonneau.)

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      • journaldejane dit :

        J’avais un post où je me moquais du jargon de ceux qui exposent l’art contemporain (j’ai travaillé un court moment dans un « centre d’art » et j’ai pu observer les cuisines). Comme ils se copient tous, ils ont finit tous par écrire la même chose : les œuvres « interrogent » ou « questionnent » ceci ou cela, à l’infini. Mais j’ai mis le post à la poubelle parce que j’avais l’impression de tirer sur un cadavre. Trop facile et surtout, vain.

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  10. jean songe dit :

    J’énonce des banalités, mais celles-ci constituent notre quotidien & on n’y échappe pas ( ni aux banalités ni au quotidien )…

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  11. Sophie K. dit :

    C’est très compliqué de critiquer les vendeurs de vide. Debord l’avait prévu. En même temps, ne rien dire ou faire, c’est y participer… Sale piège. Se foutre de leur gueule enfarinée reste encore, comme du temps de Molière, la meilleure solution, je pense.

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  12. thoams dit :

    La grande classe ces photos !! comme d’hab. Merci jane

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