Une bonne raison de ne pas aimer les Stones

Shine a Light (Martin Scorsese), que je viens de voir à la télé. D’abord, il y a le caprice qui doit se trouver à l’origine du projet foireux : « Allo ! Ici Mick Jagger. Je veux un film de Scorsese, comme Dylan. Nous le produisons. » Le film commence très mal, cabotinage pénible des musiciens et du réalisateur lui-même. Tout est bidon, artificiel, fictif. Une imitation laborieuse de quelque chose qui n’existe plus chez les protagonistes. Puis le concert commence, et là c’est terrible. Nous découvrons que Jagger et Richards, les héros de notre jeunesse, ceux qui servaient de référence ultime pour les fringues, les poses, les coupes de cheveux, sont devenus des pantins ridicules. En plus, ils sont laids (surtout Jagger, tel un Dorian Gray inversé). Et la musique ? Parfaitement ennuyeuse. Mais le film est aussi un révélateur impitoyable. Grâce à lui, nous découvrons ce que les Stones sont devenus depuis déjà quelques décennies : l’équivalent pour le marché du rock du gourou numérique qui vient de mourir (et dont j’oublie toujours le nom), la dimension artistique warholienne de l’affaire résidant dans le fait de faire rentrer un maximum d’argent en surfant sur les désirs des consommateurs.

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11 commentaires pour Une bonne raison de ne pas aimer les Stones

  1. vinosse dit :

    J’n’ai pas eu la patience ni la morbidité de dépasser les 2/3 premières minutes. Pis Ron Wood, beurk …

    Je resterai à Exile on MSt., et tout ce qu’il y a eu avant.

    D’ailleurs actuellement la pub s’en fait des choux gras de cette époque ( parfums)

  2. Shige dit :

    Je n’ai pas vu le film, mais je connais un extrait, une version tout à fait convaincante de « Some Girls ». D’un autre côté, le souvenir que je garde de la bande-annonce recoupe très largement ce que vous en dites.
    Amitiés.
    Shige

  3. claude dit :

    Jagger est un salopard. Il sait très bien qu’avec les Stones – mais ça fonctionne aussi avec d’autres icônes du rock’n’roll en bout de piste – les vieux fans se disent chaque fois qu’il y aura peut-être de beaux restes… Comme Jane, je l’ai suivi par intermittence pour constater en fin d’exercice (vain) que je me suis fait berner.

  4. http://youtu.be/mUetyMbPwbU dit :

    Une raison, des désirs, des fragments de réalité en pleine gueule, puis des metteurs en marché qui parviennent si bien à les envelopper.
    Je n’écoute plus depuis trois ans que l’album de noël de Dylan.
    Bises à la traîne

  5. Sophie K. dit :

    On est d’accord. Le temps est surtout impitoyable à ceux qui vendent leur âme. (Pour moi, encore plus radicale, les Stones c’était Brian Jones, avant tout, puis Mick Taylor…) Bref. En ce moment, rien à voir : c’est Oscar Peterson, je dors dans ses arpèges avec un sourire béat.

  6. http://www.musicme.com/#/John-Mayall/albums/Blues-From-Laurel-Canyon-8888880002892.html dit :

    Ben oui, le talent du jeune Taylor venu de chez Mayall, audible dans ‘Blues from Laurel Canyon’ et par ‘Fly Tomorrow’ en particulier, annonce tout le ‘son’ que les Stones de l’après Jones ont littéralement pompé sur lui; leur âge d’or

  7. postmortem dit :

    Les voilà réunis dans une post-parution éphémère

  8. tandem dit :

    Okay; mais se sont plutôt bien débrouillés par la suite, non ?

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