Psychanalyse et anarchie : Otto Gross

GFIV Entertainment, A tribute to Otto Gross, 2011

Ottos Gross était l’un des plus brillants disciples du Doktor Freud (certains le qualifiaient même de génie). Mais ses conclusions « radicalement individualistes » différaient de celles imposées par le chef du cercle viennois. Pour Otto Gross, l’élimination des troubles psychiques et la libération de l’homme passaient inévitablement par la destruction des structures répressives, autoritaires et patriarcales. Otto Gross était anarchiste. Vers 1908, lors d’une vague d’épuration, Gross se fit jeter du cercle freudien orthodoxe. En 1912, on le retrouve à Berlin où il rencontre les artistes dada. Il sympathise avec Hausmann et envisage l’édition d’un journal consacré aux « problèmes psychologiques de l’anarchie ». Il veut diffuser les résultats de ses recherches, dont Hausmann assure qu’elles devançaient de loin celles de Freud et de Jung. Hélas, ce projet qui devait aboutir à « la remise en question de toutes les institutions existantes » ne vit jamais le jour. Son père fit interner de force Otto Gross en hôpital psychiatrique juste avant. Too bad. S’en suivit une campagne pour sa libération qui serait trop longue à raconter (ou alors une autre fois) et une fin tragique de toxicomane dans la misère. J’aimerais juste m’en tenir ici aux théories d’Otto Gross, du moins telles que nous pouvons les deviner à partir des rares éléments dont nous disposons. Le fait qu’il explorait l’inconscient dans une toute autre direction que celle, très normative, du Doktor Freud, suscite nécessairement la curiosité. Lorsque je lis que, pour lui, le travail psychanalytique était « une sorte de préliminaire intérieur de la révolution », je ne peux m’empêcher de rêver à un monde parrallèle où le Doktor se serait fait coincer pour usage de cocaïne et où les thèses d’Otto Gross l’auraient emporté. Au lieu de travailler au formatage des individus, la psychanalyse  nous aiderait à nous libérer des structures sociales et nous livrerait des outils efficaces pour mener à bien la « révolution intérieure » sur le terrain de la culture et du langage. Étonnant, non ?

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