Immanence radicale (suite)

« C’est avec Spinoza (précédé notamment par Giordano Bruno, brûlé à Rome en 1600) qu’on assiste à la critique radicale de la métaphysique de la transcendance. Puisque le monde (ou Nature), étant infini, ne saurait être qu’un, il est également incréé, permanent et infini : par-delà toute création ex nihilo (…), la Nature est la Substance ou Dieu même. L’immanence, dès lors, est entière et parfaite. Dieu est ce monde-ci, il agit en lui comme cause immanente, il n’est pas une personne extérieure ni par conséquent un pouvoir créateur ou un fondement de la morale. Le réel est, et il doit s’expliquer par lui-même et par lui seul. » (Encyclopædia Universalis)

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6 commentaires pour Immanence radicale (suite)

  1. Etourneau dit :

    Lorsque j’ai mal, c’est le réel qui a mal ou c’est moi ? Si c’est moi, de quoi ai-je mal ? Du réel ou de moi ? Pff, j’aurais dû écouter en philo !

    • journaldejane dit :

      Même remarque pour moi. Et comme je commence à cinquante balais, niveau « grand débutant », je préfère éviter de dire des conneries. Mais si quelqu’un a des éléments de réponse, il est cordialement invité 😉

  2. Bouvachon Nicolas dit :

    Il faut comprendre aussi ce que Spinoza entends par Dieu ou Substance, il écrira plus loin dans L’Ethique que c’est la Nature (Deus sive Natura) à comprendre sous un sens à la fois physique et psychologique; psychologique au sens où Dieu c’est aussi l’ensemble des évènements (dirait Gilles Deleuze autre grand immanentiste et continuateur de Spinoza) psychologiques des individus de l’univers dans son ensemble. L’immanence chez Spinoza signifie aussi autre chose au sens où elle rejoint un grande principe de l’Ethique; c’est à dire le principe de nécessité absolu ou de causalité. Tout est cause et effet même sur le plan psychologique et il n’y a plus rien qui ne puisse s’abstraire de ce principe…

    • journaldejane dit :

      Par goût, j’ai surtout lu des livres de philosophie anglo-saxone (Deway, Rorty, Putnam…) Ils adoptent le point de vue post-métaphysique, hérité de la philosophie analytique et pensent à partir d’un doute radical. Aucun ne croit à la possibilité d’atteindre une vérité. Chacun construit une version du monde, déterminée par des perceptions, du langage, du contexte culturel, etc. Difficile, après ça, d’aborder la métaphysique. Je m’approche de la montagne Spinoza, lentement.

      • Bouvachon Nicolas dit :

        Je ne connais pas la Philosophie anglo-saxonne ni la philosophie analytique mais je comprends d’après ce que tu dis qu’elle est héritière de Descartes. Spinoza se trouve à l’opposé, lui assume une métaphysique univoque contrairement à Descartes et ses continuateur pour qui celle-là est équivoque. Sur ce je doute qu’une philosophie se passe de métaphysique même implicite…

      • journaldejane dit :

        Non, non, pas Descartes non plus. Ils ne sont pas dans cette tradition. C’est bien pour ça qu’on distingue philosophie « continentale » et « anglo- saxone ». Eux, c’est plutôt Wittgenstein, le tournant linguistique, les neurosciences (philosophie de l’esprit). En gros : puisqu’on ne sort jamais du langage, il ne sert à rien de faire des hypothèses (métaphysiques) invérifiables au sujet de la réalité. Mais Putnam dit bien que les questions posées par la métaphysique ne disparaissent pas.

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