Eloge de la conscience nébuleuse

« Les difficultés que j’éprouve en parlant, certainement incroyables pour d’autres, viennent du fait que ma pensée, ou plutôt le contenu de ma conscience, est absolument nébuleux; si bien que je m’y repose tranquille et satisfait de moi alors qu’une conversation humaine exige de la minutie, de la consistance et un enchaînement perpétuel; toutes choses qui ne sont point en moi. » (Franz Kafka, Journal, 24 janvier 1915)

Voici en résumé la raison pour laquelle il est si difficile pour le lecteur de parler d’un roman ou d’une nouvelle de Kafka. Cette impossibilité est précisément ce qui rend l’écriture de Kafka si mystérieusement envoutante. Dans Le Château, roman improvisé sans plan préétabli et laissé inachevé à sa mort, on peut contempler la victoire de l’écrivain parvenant à partager des pans de ce monde nébuleux s’apparentant par bien des aspects à celui des rêves. Je pense à ce que me disait Bill Térébenthine un jour. Lorsqu’il se relit, il a l’impression que l’histoire est racontée par un autre et que cet « autre » ne lui est pas totalement compréhensible.

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