Pluie, vent, lecture

Profité de la météo maussade pour finir La Clé de verre de Dashiell Hammett. Sacré roman. Peut-être son meilleur (il me reste encore à lire L’Introuvable, le dernier). Le style comportementaliste est totalement maîtrisé, à un point tel qu’on aboutit à une épure proche de l’abstraction. Alors que le récit regorge de situations extrêmes (rapports violents, trahisons, manipulations…), nous restons à l’extérieur des personnages sans jamais avoir accès à leurs contenus de pensée. Lorsque Ned Beaumont se rend chez le sénateur pour, croit-on, balancer son ex meilleur ami, cela donne : « Il se leva, le regard dans le vide, fit bruyamment claquer ses mains l’une contre l’autre et se frotta les paumes. Sous la moustache, sa bouche dessinait une ligne maussade. Ses yeux étaient deux points marron incandescents. Il alla à la penderie, enfila rapidement son manteau et mit son chapeau. Il quitta la pièce en sifflotant Little Lost Lady entre ses dents et marcha dans la rue à grandes enjambées. » On pense bien sûr à Manchette, grand héritier de l’approche béhavioriste.

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