Thomas Bernhard! Kill! Kill!

Annie Le Brun reproche à Heidegger d’avoir détourné Hölderlin et les Romantiques au profit d’une idéologie douteuse. Une courte citation  m’a rappelé ce passage de Maîtres anciens où Thomas Bernhard s’acharne sur la statue du philosophe avec une rage jubilatoire. Comme j’ai le temps de fouiller dans la bibliothèque, j’en profite. Extraits : « Je le vois toujours assis sur le banc devant sa maison de la Forêt-Noire, à côté de sa femme qui, dans son enthousiasme pervers pour le tricot, lui tricote sans arrêt des mi-bas d’hiver avec la laine, tondue par elle-même, de leurs propres moutons heideggeriens. » « Heidegger dans sa culotte de golf feutrée, devant l’hypocrite blockhaus de Todtnauberg, ne reste plus pour moi qu’une photo qui le démasque, petit-bourgeois de la pensée avec le bonnet noir de la Forêt-noire sur sa tête dans laquelle n’a jamais cessé de bouillonner l’imbécilité allemande… » etc., etc., cela dure ainsi pendant des pages. Le livre entier est un immense jeu de massacre où diverses idoles vénérables de l’art et de la culture servent de punching ball à l’écrivain. Et c’est particulièrement jouissif.

PS : Les photos prises à la webcam, ce n’est pas pour faire du flou arty mais parce que l’appareil photo du basement a un petit problème.

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